His Electro Blue Voice : Ruthless Sperm (Sub Pop)

Publié le par Patrick Foulhoux

His-Electro-Blue-Voice-.jpgTrio transalpin ayant quelques trophées discographiques sur la cheminée, His Electro Blue Voice sort son premier album sur la vénérable Sub Pop qui renoue avec ses glorieuses années en surfant sur le retour aux 90’s après l’affligeant revival 80’s, immonde décennie qui infligea au monde ses années culturelles les plus sombres. Les années Tapie en France. Silvio Berlusconi étendait son empire médiatique chez nous en lançant la chaine de télé La Cinq. L’informatique se démocratisait. Les studios d’enregistrement, les radios, les télévisions et le cinéma s’équipaient en MIDI. Les musiciens aussi. Les cons ! Je ne parle même pas de la mode et des coiffures ! Les années new-wave, les années corbeaux. Cure, Joy Division ! Des caprices d’enfants gâtés !

J’en connais pour objecter que les années 80 ont permis l’éclosion du hardcore et du rap aux USA. Ouais, et alors ? Ça concernait combien de milliers de personnes de par le monde ? Dans l’ensemble, le fond de l’air était effrayant.

Quand Nirvana est arrivé durant les 80’s, tout le monde s’en branlait copieusement. Seattle incarnait le village d’irréductibles Gaulois. C’est en 91 avec Nevermind que le trio de Seattle a sonné le rassemblement et a ramené nombre de brebis égarées dans le droit chemin en vendant plus de dix millions d’exemplaires de son disque-phénomène. Et voilà qu’on y revient en pleine conjoncture politique, économique et sociale désastreuse qui fait se recroqueviller le monde par instinct de conservation plus que par nostalgie comme se plaisent à le souligner les philosophes béhachéliens germanopratins pour salons parisiens et access prime-time, ce réflexe de l’escargot doit plus à la trouille des lendemains qui déchantent qu’à une mélancolie comblant un manque affectif.

Mais quel rapport avec la choucroute me demanderez-vous ? Aucun. Je profite de l’occasion pour remettre une taloche aux années 80, celles où les libertaires de 68 étaient aux affaires et avaient viré de bord à 180° pour virer libéro-capitalistes (le stalinisme version droite) tout en gardant leur carte du PS en poche…

 

His Electro Blue Voice a trouvé refuge chez Sub Pop. Il aurait très bien pu trouver chaussure à son pied chez Amphetamine Reptile ou Trance Syndicate. Ce premier album des Italiens est une brochette des meilleurs morceaux de viande saignante que les années 90 ont mis sur les braises d’un rock en train de s’éteindre. Là, on entend Les Thugs, ici, Soul Patrol, voire Sonic Youth ! Même quand le clavier 80’s lacère le son de ses effluves psychotropes, la guitare le fouette pour qu’il reste bien en ligne sur la piste.

 

Pop ? Psyché ? Grunge ? Punk ? Non, ROCK ! Définitivement ROCK !

His Electro Blue Voice sonne le retour de la cavalerie légère avant le débarquement de l’artillerie lourde.

 

 

 


 

 

Publié dans Musique

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